Blog de Marc Candelier

Ma tentative d’établir des comparaisons entre le gonflement de la bulle aux Etats-Unis et la crise japonaise a, pendant des années, suscité les sarcasmes des investisseurs. La plupart des
observateurs occidentaux percevaient alors le Japon comme un pays appartenant à une autre galaxie et considéraient que son expérience d’après-bulle ne pourrait en aucun cas servir de référence
aux économies occidentales. Ils rigolent beaucoup moins aujourd’hui. Nombreux sont en effet ceux qui affirment à présent que la réponse monétaire extrême, qui prévaut actuellement, permettra à
l’Occident d’échapper à un scénario semblable à celui de la décennie perdue du Japon. Permettez-moi d’en douter.
L'affirmation de Ben Bernanke selon laquelle il a tiré les enseignements de la crise japonaise a longtemps rassuré les investisseurs. Pour ma part, toutefois, je pense qu'empêcher la formation
de la gigantesque bulle de crédit et de l'immobilier aurait été la principale leçon à tirer de l'expérience du Japon dans la mesure où les conséquences de son éclatement pourraient être
terribles. Et nous savons désormais, selon les derniers chiffres sur l'emploi et les révisions des indices précurseurs, que l'économie américaine a perdu jusquà présent 8 millions d'emplois.
Cette situation déplorable aurait tout à fait pu être évitée.
Nous avons longtemps pensé que le monde de l'après-bulle suivrait une évolution très similaire à celle qui a succédé à la décennie perdue du Japon dans les années 1990. S'il existe
manifestement de nettes divergences, les similitudes sont aussi étonnamment proches. Les bulles obéissent, d'une manière générale, à certaines caractéristiques.
Nous rappelons à nos lecteurs quelques éléments qui continuent à conforter mon opinion selon laquelle les tentatives des autorités occidentales visant à se faire pardonner le manque de
vigilance passé sont tout simplement vouées à l'échec.
On dit qu'une image vaut tous les discours. Le dessin ci-dessous de John Trever, du quotidien The Albuquerque Journal, illustre parfaitement bien où nous en sommes exactement dans le chaos
actuel de l'après-bulle. Nous tentons, comme beaucoup, d'apercevoir au-dessus de nos têtes un coin de ciel bleu. Je reste convaincu que nous
sommes toujours en plein milieu de l'Œil du cyclone.
Suite de l'article (sgresearch.socgen.com)