Mercredi 21 décembre 2011
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L'intégralité du débat avec Bernard Lacharme, secrétaire général du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, lundi 5 mars 2007
Diabaram : Les loyers ont atteint des niveaux insupportables. Une politique volontariste de gel des loyers n'est-elle pas envisageable, même dans une économie de marché ?
Bernard Lacharme : Il faut être prudent avec ce type de mesure, car il ne faudrait pas inquiéter ceux qui veulent investir dans l'immobilier locatif. Mais je pense que l'on ne
doit rien exclure. Il y a en tous cas différents outils, notamment fiscaux, qui peuvent être utilisés pour inciter à la modération.
Vincent : Pourquoi les responsables politiques ne prennent-ils pas parti pour une baisse des prix à l'achat du m² en France ? Le fait de dénoncer la bulle immobilière pourrait pourtant
aider à faire descendre le marché, non ?
Bernard Lacharme : Il est effectivement impératif de réguler les prix. Tous les efforts que pourra faire la collectivité resteront insuffisants si l'on accepte de voir les prix
de l'immobilier s'envoler. Les pouvoirs publics ont des outils pour peser sur les prix de vente : fiscalité, politique foncière des collectivités locales, etc.
Paul : Sachant que les prix de l'immobilier sont au plus haut, ne faudrait-il pas provoquer la baisse des prix, plutôt que de donner de l'argent aux gens pour les aider, ce qui au final
fait monter les prix ?
Bernard Lacharme : Il faut en fait les deux. Il est nécessaire effectivement de peser sur les prix car sinon, la puissance publique n'aura jamais les moyens d'aider tous ceux qui
ne peuvent pas se loger au prix du marché.
Mais il faut également des aides pour les ménages pauvres ou modestes, ceux qui sont confrontés à la précarité de l'emploi ou qui vivent de revenus de substitution.
Ce qu'il faut par contre à tout prix éviter de faire, c'est d'accorder des aides qui vont à des personnes qui ont des revenus corrects. A ce moment-là, on entretient effectivement l'inflation des
prix. C'est ce qui s'est passé avec l'amortissement de Robien, qui accorde une aide importante à des propriétaires qui ont des revenus élevés pour produire des logements qui sont destinés à des
locataires de revenus moyens ou élevés.
STEFANON : Dans le coût de production d'un immeuble d'habitation, intervient, pour une part de plus en plus importante, le prix du "foncier". Peut-on envisager une atténuation du droit
absolu de propriété pour cet élément ?
Bernard Lacharme : Le droit de propriété n'est pas absolu. Il s'exerce dans les limites fixées par la loi. Celle-ci a prévu par exemple le droit de réquisition qui permet,
lorsque c'est absolument nécessaire, d'affecter un logement à quelqu'un en difficulté sans l'accord du propriétaire. Elle a prévu également que c'est la collectivité qui décide de ce qu'on
pourra, ou non, construire sur un terrain. Elle a prévu également la possibilité pour la collectivité d'exproprier un propriétaire.
Cela dit je ne pense pas que la solution réside dans une collectivisation des terrains. Il faut simplement que la collectivité s'assure la maîtrise d'une partie suffisante du sol pour permettre
son affectation à du logement social ou à du logement simplement abordable pour la majorité des citoyens.
Suite de l'article (www.lemonde.fr)
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