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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 20:27

La catastrophe nucléaire japonaise est-elle possible en Suisse ? Une équipe de Temps Présent a enquêté sur la fissure de la centrale de Mühleberg, mais aussi, sur de nouvelles études alarmantes pour la santé et sur l'impasse des déchets. Alors que le lobby nucléaire s'active pour vendre au peuple deux nouvelles centrales en 2013, le temps est à l'orage pour l'atome.

 

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Pour ce faire une idée... 05/04/2011 13:33



Bonjour,

De ce reportage il faut retenir plusieurs choses.

1. Les coûts de démantèlement.

Le SEUL CHANTIER DE DÉCONSTRUCTION NUCLÉAIRE AU MONDE initié à Brennilis (Finistère) sur le réacteur EL-4 dit "UNGG" :
- à eau lourde (c'est à dire au deutérium),
- modéré au graphite,
- fonctionnant à l'uranium naturel (U-235, le seul fissile : 0,7% en masse seulement), qui n'est pas enrichi ici (donc beaucoup plus facile à mettre en oeuvre),
- avec caloporteur gazeux (CO2) qui part vers des générateurs de vapeur pour produire de l'électricité.

Autrement dit, ce petit réacteur expérimental de la filière UNGG ("uranium naturel graphite gaz") de 70 Mégawatts électriques, c'est CE réacteur qui doit servir de modèle pour permettre la
déconstruction des autres réacteurs Français.

La tranche "immédiatement au dessus" en France c'est :


- 480 MWé (ex : UNGG de Chinon, dit "A3"),


- puis 880 MWé (ex : Fessenheim)


- puis 1330 MWé (ex : Flamanville-1 et -2).

Les coûts de déconstruction de Brennilis sont de 485 millions d'Euros, c'est 20 fois le budget initial prévu par le CEA et la Commission PEON (Programme Electrique
Origine Nucléaire) C'est cette commission qui a lancé les coûts prédictifs de déconstruction  démantèlement. Le bâtiment réacteur et le réacteur ne sont toujours pas démoli en
Mars 2011, le conseil d'Etat a interdit la poursuite du chantier "expérimental" lancé par EDF, par manque :


- d'informations au public,


- ...et par manque (et absence) de sites de stockages opérationnels pour des milliers de tonnes de déchets, dont certains à vie très longue, issus du réacteur (quelques millions d'années de forte
radioactivité)...


2. La situation au Japon :
La centrale de Fukushima exploite des vieilles rognes, obsolètes réacteurs à eau bouillante (dit BWR) de General Electric. Les tranches 1, 2, 3, 4 et 5 sont d'un modèle de confinement des
réacteurs dits "Mark 1 - Drywell Torus", qui ont fait la preuve mondialement connue désormais de leur très grande capacité à contenir la radioactivité du coeur...

Mais le réacteur n°6 de Fukushima-Daiichi est du même type que les BWR (ou REB) Suisses. Il est du type "Mark 2".

OR, IL FAUT SAVOIR QUe le confinement Mark 1 a été jugé très inefficace par la NRC américaine, l'équivalent de l'ASN française.

Donc General Electric a revu sa copie et a pondu le Mark 2, ...lui aussi jugé insuffisant par la NRC, ce qui a conduit GE a revoir sa copie pour pondre un "Mark 3".

Voir le fichier à l'adresse : http://www.nrc.gov/reading-rm/basic-ref/teachers/03.pdf pour vous faire votre idée de la variation énorme de design entre mark I et II avec le III.

3. Le savoir-faire français, "gage de sûreté" :


Nos réacteurs français à Eau Pressurisée "du palier 900 MWé" issus de la technologie Westinghouse (grand concurrent de General Electric ET Babcock-Wilcox) ne sont pas sans problèmes, insolubles
eux aussi. On a par conservatisme adopté les mêmes choix techniques sur certains alliages de nickel, pour le "palier 1300 MWé".


- Des fissures courent dans les cuves des réacteurs et des calandres des générateurs de vapeur, depuis 1979.


- Des tubes cintrés en U, réalisés en Inconel (alliage soit-disant résistant à la corrosion sous tension) se fissurent et cassent dans les générateurs de vapeurs, obligeant EDF à boucher les
tubes avec une armée de sous-traitants sous-payés, qui encaissent les doses (voir "Les nomades du nucléaire", édifiant). Moralité : les Américains étaient conscients des problèmes de l'Inconel
mais ils ne nous ont rien dit, pas de SAV. EDF a du remplacer des GV complets, ces composants sont ENORMES et très, très coûteux.


Source - Rapport public de l'ASN himself : tapez "GPESPN 2010 04 19 position ASN" sur google, vous aurez une idée de la teneur des échanges.


Un site-pirate fait une bonne synthèse du problème, et des conditions de prélèvements sur sites, d'analyses... : http://www.dissident-media.org/stop_nogent/88_fissure.html


Je rappelle pour les nuls en géo que la centrale de Nogent est en amont de Paris.


Je rappelle le scénario qui est décrit : "culbute" des tubes en cascade = enchaînement rapide et infernal puis dégagement d'hydrogène par attaque du zircalloy qui entoure les gaines, comme au
Japon . Surpression dans la salle des machines (le GV produit une vapeur à pression plus faible que celle du coeur)
alors s'il y a un effet de cascade... ça crée un coup de bélier en salle des machines, et au niveau du condenseur monté dans la Seine.


La bonne nouvelle en cas d'accident à Nogent, les prix de l'immobilier vont connaître une baisse durable !



Le plus gênant, puisque tout va bien en France, c'est que les profits sont actuellement "privés", la déconstruction sera "publique". Après avoir produit de la richesse pendant 30 ans et
dangereusement pendant 40 ans, quand la centrale n'est pas arrêtée quelques années après sa construction (cas de Brennilis, de Superphénix, des UNGG...), une centrale nucléaire est une formidable
machine à perdre du pognon, en quantité illimitée : un actionnaire qui perd de l'argent, surtout pour des MILLIERS d'années, il vend ses actions à la corbeille après avoir reçu les
substantifiques bénéfices, très courts au vu de la demi-vie de certains radionucléides : 240 390 ans pour le plutonium-239 par exemple.

Le plus gênant, c'est que les autorités de sûreté pressent les constructeurs à revoir leur copie : l'EPR a un "récupérateur de corium" en inox réfractaire et en céramique sous le réacteur.


C'est con, a Fukushima il en faudrait 4 comme ça, mais c'est juste un peu tard maintenant. Les autorités de sûreté laissent tourner des vieux réacteurs dont les dispositifs en cas de problèmes
SERONT insuffisants, compte-tenu du retour d'expériences.


Donc avec le temps, on se rend compte que, bin non, ça va pas. bon, bin ça n'ira pas et puis c'est tout. Que faire finalement ? Démolir un batîment parallélépipédique pour un cylindre, puis pour
une double-coupole. Eh, ho !


Laissez ces gens travailler, voyons !


Demandons aux ingénieurs un réacteur très sûr (EPR). Et encore plus puissant (EPR). Bon, si les anciens ont des incidents, pardon, des accidents, pardon, des catastrophes, rassurez-vous : pour
l'EPR, on a innové, on a TOUT prévu. Contrairement aux anciens. Mais ça tournera encore, c'est Sarko qui l'a dit.


André-Claude Lacoste, garant des boîtes de Pandore bleues-blanc-rouges l'a dit dernièrement : on fait de notre mieux, mais un accident peut arriver. Un petit, un gros, un rikiki qui devient
maousse-costaud.

Françaises, Français, réfléchissez bien (dans les urnes) : que préférez-vous ?
1.- Un pays inhabitable pour des millénaires, en tout ou en partie, suite à une rupture de barrage, un séisme, Kadhafi qui se venge en précipitant un avion de chasse sur une installation qu'on
lui avait promise, une autre raison obscure ?
Dans ce cas, fini le tourisme, le bon vin..., vos patrimoines, votre histoire, la terre de nos nobles seigneurs et vils gueux... terminé.


On sera devenus des "hibakushas", comme les pestiférés d'Ukrainiens et de Biélorusses, comme maintenant les Japonais. Mais les Jaunes sont des crétins, y savent pas faire du nucléaire, ils savent
s'en prendre des retombée, oui. Nous les Français, on est les meilleurs. Cocorico ! Attention, un gallinacé, c'est très con.


2.- Un pays qui continuera à toucher le kWh le moins cher d'Europe, avant les 30% de hausse promis d'ici 1 an et demi par Proglio ?
Les fameux 30% qui avait coûté le poste de Gadonneix. Source :



Marc Candelier 05/04/2011 19:07



Merci beaucoup pour ce petit point très intéressant. Finalement maintenant on a deux risques clairement identifiés : La Finance et le Nucléaire.



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